“La démocratie consensuelle n’est pas la panacée aux problèmes du pays”, Noufou Zougmoré

“La démocratie consensuelle n’est pas la panacée aux problèmes du pays”, Noufou Zougmoré

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Le 29 avril 2007 après qu’il ait dirigé la Transition au Mali en 1991 et après les deux baux d’Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré (ATT) rempile pour un deuxième mandat. Il avait déjà été élu en 2002. Le soldat de la démocratie, c’est ainsi qu’on l’appelait, remporte sa dernière élection avec 71,2% de voix contre 19,1% de voix pour son challenger Ibrahim Boubacar Keïta. Pendant quelques jours, l’élection est contestée mais pour faire moins de frustrés, ATT applique ce qu’Hermann Yaméogo avait appelé la démocratie consensuelle. Il n’y a presque pas d’opposition, si ce n’est le Saadi du docteur Mariko dont la voix est presque inaudible pour le fait que c’est le seul parti qui émet une voix discordante. La suite est connue, la classe politique malienne s’est endormie et la crise l’a surprise en 2012 par l’invasion du septentrion par les sécessionnistes. Aujourd’hui, c’est le Burkina Faso qui expérimente cette manière de faire la politique. Depuis le dimanche 10 janvier, le 1er gouvernement du deuxième mandat du président Roch Marc Christian Kaboré est connu. Elu au premier tour comme ATT, les résultats comme au Mali en 2007 avaient été contestés avant que les acteurs ne reviennent à des meilleurs sentiments. Dans l’exécutif qui va mettre en musique le programme du Président du Faso figure l’ex-chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré. L’Union pour le progrès et le changement (UPC) malgré le triomphalisme gênant de certains militants du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) embarque dans le navire commandé par Christophe Marie Joseph Dabiré. En tant qu’observateur de la scène politique, on constate que le refus de se joindre à un gouvernement d’alliance populaire voulu à l’époque par le regretté Salif Diallo a porté préjudice au parti du lion. Une bonne frange des cadres est partie. A l’Assemblée Nationale, c’était une arnaque politique. Pendant que les Urdistes avaient quitté le parti, ils ont continué à s’asseoir sur le mandat à l’hémicycle. La deuxième problématique a été l’alliance contre-nature que Zéphirin et ses camarades avaient nouée avec le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) pendant la campagne électorale de 2015 en espérant qu’il allait en tirer bénéfice. Pour sa gouverne, le CDP se conjugue au passé. Pour cette fois-ci, c’est le dernier Baroud. On ne chasse pas un appareil avec ses animateurs et continuer à lui faire confiance sauf le cas du Rassemblement démocratique Africain (RDA) en 1970. Mais pour ce cas de figure, c’étaient des nouveaux acteurs qui s’étaient emparés du parti après la chute de Maurice Yaméogo. Le fait de s’être trompé dans l’analyse pour son alliance avec le parti de l’épi et de la daba, va être fatal à Zeph et à son parti. Maintenant qu’en tant que candidat malheureux, il décide de rejoindre la majorité que peut être l’appréciation de l’opinion ? L’attitude de l’enfant terrible de Fungou dans la région du Centre-Sud n’est pas un cas d’école. L’opposant qui est resté longtemps dans cette posture d’occuper les postes ministériels dans le gouvernement de son adversaire a été Maître Abdoulaye Wade. Au Sénégal sous le magistère d’Abdoul Diouf, ses contempteurs le traitaient d’opposant à l’éthique élastique. Il faisait des va et vient entre l’opposition et la majorité sans s’encombrer des états d’âme des gens. Maintenant que l’ex commis des grandes firmes occidentales a changé de position, que peut-on s’attendre ? Le CDP ne peut pas légitimer l’opposition pour avoir été l’un des piètres partis qu’ait géré le pouvoir à travers ses différentes appellations pendant 27 ans. Quand on dit crime crapuleux de sang, crime économique on voit le CDP. Que peut-il faire dans une opposition pour inquiéter ceux qui sont en face ? Mais le danger c’est justement le manque de cette voix audible qui créera l’impasse dans un proche avenir. Qu’on ne se flatte pas, il n’y a que les appareils politiques dans l’opposition qui peut ébranler la majorité. L’Assemblée Nationale risque d’être une caisse de résonnance comme à d’autres époques. Le Burkina Faso en marche est à l’heure de la démocratie consensuelle avec des amis qui se retrouvent. Zéphirin Diabré après avoir un peu flirté avec le Parti Africain de l’Indépendance (PAI) s’était retrouvé dans l’Organisation démocratique populaire/ Mouvement de Travail (ODP/MT). Son premier poste de Ministre, il le doit à Roch Marc Christian Kabore, donc ce sont les caïmans d’une même mare qui après s’être séparés se retrouvent à nouveau. Quel avenir politique pour notre « ami » ? En politique on ne présage de rien. Pour l’information de ceux qui ne savent pas, la classe politique actuelle est dans un jeu de rôle ou les uns occupent souvent la place des opposants et les autres la place des princes et David Moyenga a raison de dire qu’il ne faut plus rien attendre de ces gens. Dans le lot de ceux qui ont embarqué à la gare de train de Bagassi, ce sont les sankaristes peut-être à leur corps défendant mais à l’heure du bilan, il faudra bien qu’ils s’expliquent. “

Noufou Zougmoré

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