Religion et dialogue au Burkina, l’ONG OXFAM pour un renforcement des capacités des religieux

Religion et dialogue au Burkina, l’ONG OXFAM pour un renforcement des capacités des religieux

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C’est avec le soutien de l’ONG britannique OXFAM que le Conseil Interreligieux pour la Paix au Burkina (CIR/PF), présidé par l’Imam Halidou ILBOUDOU, ancien président de l’AEEMB-CERFI, a organisé ce mardi 22 décembre 2020 un atelier de réflexion à l’endroit des structures et associations islamiques au Burkina Faso. Structurés autour du thème « Le dialogue interreligieux au service de la paix et du développement », les travaux de l’atelier de réflexion sur le dialogue dans la communauté des Musulmans” qui se sont tenus dans la salle de conférence de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB), ont été précédés d’une part par une cérémonie d’ouverture présidée par M Mikhaïlou KERE, représentant le Président du présidium de la FAIB, El Hadj Oumarou ZOUNGRANA et d’autre part par un panel sur le dialogue interreligieux au Burkina Faso, développé par Amadé Adama SORO, Communicateur-Journaliste, spécialiste des questions économiques et internationales à Savane Médias et Moussa BAMBARA, ancien membre de l’Union des Religieux et Coutumiers du Burkina( URCB).

Dans son exposé intitulé « La question du dialogue interreligieux en Islam, opportunités et limites », M. SORO, premier conférencier à prendre la parole, est revenu sur l’historique du dialogue interreligieux, la définition du dialogue religieux, ses principes, ses conditions, ses objectifs et surtout ses opportunités et limites. Selon lui, “le dialogue interreligieux, qui est différent du débat religieux, doit viser entre autres, à assurer la coexistence pacifique et la cohésion sociale, à instaurer et sauvegarder la paix mondiale, à la préservation du genre humain et à l’éradication des conflits communautaires ethniques et régionalistes“. Evoquant la question des opportunités, le paneliste a cité entre autres le cadre institutionnel burkinanè propice au dialogue interreligieux, la mixité confessionnelle au niveau familial, amical et professionnel, la tradition de paix et de tolérance ainsi que le soutien des amis et partenaires internationaux. Cependant, a regretté Amadé Adama SORO, “ces opportunités sont atténuées par des limites notamment la récupération politique du dialogue interreligieux, la non-maitrise des enjeux du dialogue interreligieux et l’exacerbation des tensions liées au terrorisme”. Pour sa part, Moussa BAMBARA s’est appesanti sur l’apport de son organisation, l’Union des Religieux et des Coutumiers du Burkina à la compréhension mutuelle entre les adeptes des différentes religions au Burkina Faso. Ces canaux institutionnalisés de rencontres au niveau national avec le soutien de l’Etat et des partenaires internationaux permettent de jeter les bases d’une collaboration franche et éclairée entre les différents groupes religieux mais aussi entre les fidèles eux-mêmes. Toute chose, souligne le deuxième paneliste, qui « participe à la construction de notre pays dans la paix et la concorde ». Pour M. BAMBARA, « l’action de l’URCB dont le premier objectif était la lutte contre le VIH/Sida puis le paludisme et la tuberculose en impliquant le maximum des leaders religieux et qui s’est depuis s’élargi à d’autres aspects de la vie nationale, est la preuve qu’avec le dialogue beaucoup d’incompréhensions, source de méfiance et de défiance, peuvent être aplanies ». Selon l’Imam Halidou ILBOUDOU du CIR/PF, cet atelier, premier du genre dans sa thématique et sa démarche méthodologique, se veut une “véritable tribune pour discuter de tous les sujets. Sans tabou aucun”.

Omar COMPAORE

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