Un nouveau RDV de l’histoire et de la démocratie

Un nouveau RDV de l’histoire et de la démocratie

- dans Edito
754
1

Un nouveau RDV de l’histoire et de la démocratie

La démocratie au Burkina Faso a évolué en dents de scie de son indépendance en 1960 à nos jours. Les enjeux des élections ont évolué pratiquement au même rythme. Si en 1965, le président Maurice Yaméogo, père de l’indépendance et candidat unique, a remporté l’élection présidentielle avec un score à la soviétique, 99,89%, il a été emporté trois mois après par une insurrection populaire en 1966. Son successeur Sangoulé Lamizana, qui est passé d’un régime d’exception à un régime démocratique, a vécu le dur apprentissage de la démocratie lors de l’élection présidentielle de 1978 quand il a été mis en ballotage par un candidat jeune et novice en politique Macaire Ouédraogo.

Après l’épisode de la succession des coups d’Etat et des régimes d’exception de 1980 à 1991, le pays a renoué avec la démocratie et une répétition d’élections aux enjeux relativement mineurs à cause de la faiblesse de l’opposition et du gigantisme de la Majorité présidentielle de Blaise Compaoré. Mais lui aussi, boulimique comme le premier président Maurice Yaméogo, sera emporté par une deuxième insurrection populaire en 2014. Cet événement majeur a ouvert la voie à une Transition démocratique et surtout à l’une des élections les plus ouvertes et les plus pluralistes de l’histoire du Burkina Faso en 2015.

En 2015, le président élu avec 53% des voix Roch Marc Christian Kaboré a obtenu moins de la moitié des sièges de députés à l’Assemblée nationale. De 2015 à 2020, il a gouverné grâce à la magie des alliances politiques. Son bilan, fortement marqué par la crise liée au terrorisme, est mitigé. Bénéficiera-t-il, malgré tout, de la prime du sortant ? Ces élections seront-elles aussi démocratiques et enlevées que celles de 2015 ?

La presse qui a pris des galons depuis l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo en 1998 et encore plus après l’insurrection populaire de 2014 est-elle à la hauteur des enjeux de ces élections ? Arrive-t-elle à mettre en lumière les jeunes et les femmes qui réclament de plus en plus de places au soleil politique.

La tentation est grande d’affirmer qu’elle est à l’image de la classe politique : paresseuse intellectuellement, désertique programmatiquement et boulimique matériellement. Tout se passe comme si le célèbre Patrick Ilboudo décédé en 1994 y assistait, lui qui affirmait que « ceux qui naissent et vivent dans le même pays ont les mêmes limites psychologiques ».

La Commission électorale nationale indépendante (CENI), chef d’orchestre du processus électoral, les Organisations de la société civile (OSC) sentinelles de la démocratie et les forces de défense et de sécurité (FDS), gardienne du temple Burkina Faso feront-elles mieux pour garantir au pays des élections libres, transparentes, démocratiques et apaisées ? Cela fera l’objet d’un prochain édito…

Ismaël RABO

Directeur de la Rédaction

1 Commentaire

  1. ZONGO

    Bonjour,
    Je viens par ce message féliciter l’initiative Détentro news
    Mes encouragements à l’équipe
    Confraternellement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Ceci pourrait également vous intéresser

Insécurité notoire au Burkina Faso: ”Chaque Burkinabè joue-t-il son rôle ? “

Plus de deux millions de personnes déplacées internes.